Publié le 3 Avril 2017

A Moisselles (95) le 18 mars. Des citoyens déroutés ne sachant pas s'ils iront voter. Pour d'autres, une élection qui ne ressemblent à aucune autre, insipide. Qui croire? ... En qui avoir confiance...

Dédicace en Île-de-France.

NB. J'ai du annuler ma seconde dédicace en Île de France prévue le 8 avril. Rien de grave ami lecteur, ne vous inquiétez pas inutilement, mais une gêne suffisante pour m'empêcher d'aller à votre rencontre.

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Rédigé par Ghislaine Bourland

Publié dans #Démocratie en péril

Publié le 31 Janvier 2017

14 janvier 2007, Portes de Versailles […]

Au milieu des 70 000 adhérents UMP et sympathisants de l’homme à stature de chef d’État qu’il est indéniablement, le discours se poursuit mais je ne l’entends plus. La salle vibre. Le public est en transe. Je perçois le danger de la frénésie déclenchée par sa seule personne et des espoirs engendrés par ses paroles. Nicolas Sarkozy devient l’homme providentiel. Pour lui, plus rien ne sera comme avant. Il a rendez-vous avec la grande Histoire. Je quitte la Porte de Versailles avec la certitude de sa victoire, mais également avec une crainte : l’impossible lui sera demandé, rien ne lui sera épargné.

Durant plusieurs semaines, je participe aux déplacements en région de Nicolas Sarkozy. Avec l’aide d’amis, dont le fidèle Claude qui, déjà gravement malade, ne ménage pas sa peine, j’organise des rencontres sur le canton afin de fédérer au-delà des rangs UMP. Nous veillons à la diffusion des messages du candidat au plus près du terrain.

Dimanche 8 mai 2007. Tous ceux qui localement se sont mobilisés pour obtenir sa victoire ont les yeux rivés sur l'écran-vidéo installé pour l'occasion. Va-t-on confirmer la nouvelle dont la rumeur enfle de minute en minute ? Les jeunes sarkozystes trépignent d’impatience. Dans le hall de la mairie d’agglomération où nous nous trouvons, les visages dans les rangs socialistes sont tendus, fermés, légèrement agressifs.

Enfin, le maire annonce officiellement la victoire. Sa victoire, notre victoire. Là où nous aurions dû exprimer notre joie républicaine, nous la contenons, sentant qu’il nous faut rapidement quitter les lieux. Une salle a été retenue quelques jours plus tôt afin que nous puissions nous retrouver une fois les résultats connus. Plusieurs édiles doivent nous y rejoindre.

Issue d’une famille d’élus socialistes, je garde la mémoire de soirées électorales où la « baronnie gauchiste » festoyait sans se soucier des perdants, notamment celle de 1983. Choquée en grandissant par des déballages financés en partie sur les deniers publics, je n’imagine rien de fastueux. Depuis, les élus sont devenus dans l’ensemble plus raisonnables. J’attends une soirée conviviale à inscrire dans les annales militantes. Tous les ingrédients sont réunis pour qu’il en soit ainsi : buffet de « spécialités maisons » associés aux traditionnels pâtés, saucissons, crudités, viandes froides, sonorisation, musique…

La fête n’a pas lieu. A peine commencée, elle est compromise par un attroupement dont les marques d’hostilité font craindre le pire pour la sécurité des personnes. Seule une fine baie vitrée nous sépare du groupe qui ne cesse de grossir. Aucun repli possible, aucune échappatoire. Les seules sorties existantes obligent à passer en plein milieu. Un vrai traquenard. Finalement, des CRS dépêchés sur place par le Préfet permettent de quitter sans dommage les lieux. Je sors sous les quolibets et les insultes, évitant au passage les crachats des plus allumés. Des amis auront moins de chance.

Le lendemain, les journaux relatent l’ampleur des déferlements d’une nuit de haine : abris bus cassés, vitrines brisées, poubelles arrachées, brûlées, voitures cabossées… Au cours du quinquennat, notre permanence départementale est à diverses reprises la proie de furie populaire. Des rideaux métalliques sont installés afin d’offrir une protection relative à la « permanente » et aux bénévoles. Tous les signes d’appartenance au parti sont retirés des fenêtres, ce que je déplore. Je remettrai les premières affiches.

Le style de Nicolas Sarkozy tranche radicalement avec celui des présidents précédents. Ses façons indisposent une nomenklatura à l’affût du moindre faux-pas. Les médias avec qui il a trop flirté voient en lui une occasion d’augmenter leurs ventes et leurs audiences. Ses moindres faits et gestes sont exploités. Les séquences du Fouquet’s, brasserie mondaine du tout-Paris, du yacht Bolloré, sa Rolex et tout le bling-bling, font la une. La presse « People » en fait ses choux gras. Ses détracteurs en profitent. Ces événements sont délibérément surmédiatisés leur donnant plus d’importance qu’ils devraient en avoir. Fréquenter de riches et influentes personnes est un incontournable pour tout présidentiable, ainsi que les lieux, les marques et les dorures qui vont avec. L’habit ne fait pas forcément le moine, mais adapter son aspect aux circonstances contribue à être à l’aise en société, et surtout à s’y faire admettre. Certes, il aurait pu choisir un autre établissement et snober le haut gratin parisien, qui l'a aidé à se hisser. Certes, il aurait pu décliner l’invitation de son pote milliardaire et opter pour quelques jours en famille dans une villa accessible par les paparazzis. Est-ce une affaire d’état ? Qu’est-ce-qui prime chez un président de la République : sa capacité à agir dans l’intérêt de la nation ou son goût prononcé pour le luxe, les beaux endroits et les belles matières ? La réponse à cette simple question nuance des frasques de débutant, qui lui sont encore aujourd'hui reprochées. Ce tapage médiatique ne traduit-il pas le syndrome de l’envie qui en France accable l’ambitieux et rend honteuse toute réussite ?

Le président Sarkozy est un chef d’État pressé. Les cent premiers jours de son quinquennat donnent le tournis aux parlementaires, à tous les observateurs et commentateurs politiques. La crise des « subprimes » et la faillite de la banque Lehman Brothers à l'automne 2008, leurs répercussions mondiales, le contraignent à revoir son tempo. Les réformes structurelles prévues, qu’il sait indispensables, sont […]

Extrait de Démocratie En Péril, Le Regard d’une citoyenne engagée.

Toujours disponible auprès de l’éditeur 7Ecrit, sur Amazon.fr, Fnac.com … ; sur commande auprès de votre libraire.

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Rédigé par Ghislaine Bourland

Publié dans #Elections présidentielles, #Nicolas Sarkozy, #Démocratie en péril

Publié le 18 Janvier 2017

L'inconnu du métro 8

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Rédigé par Ghislaine Bourland

Publié dans #Métro, #Paris

Publié le 5 Janvier 2017

Une nouvelle année...

Une nouvelle année est comparable à une page blanche. Les circonstances de la vie viendront la remplir. 
Suivant la tournure des événements, elle sera plus ou moins remplie, plus ou moins noire, plus ou moins rieuse...
Différente des autres, elle reflétera votre nature profonde. Elle subira vos ressentiments.
Je vous la souhaite meilleure que la précédente. 

Bonne et heureuse année 2017 ! 

 

La tradition d'envoyer ses souhaits à l'occasion de la nouvelle année sur une carte de vœux est née en Angleterre au XIXème siècle. Elles étaient envoyées durant la période de l'Avent, et avaient pour fonction de souhaiter un Joyeux Noël mais également une bonne année. Désormais, tout moyen est bon. 


 
 

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Rédigé par Ghislaine Bourland

Publié le 3 Décembre 2016

Tout est ici si bien écrit, si bien résumé : du pur Dominique Jamet. Que rajouter de plus ? Le processus des primaires a montré ses limites et révélait ses failles. L'exercice des primaires qu'il soit organisé par la "droite" ou la "gauche" est un fiasco pour la France. Il est l'outil des grands partis à bout de souffle, où règnent des monarques à l'ego démesuré qui méprisent leurs derniers militants.

 

Jamet le dimanche !
Un casier politique

Dimanche 27 novembre


Dominique Jamet, vice-président de Debout la France depuis 2012 mais également journaliste depuis... toujours tient chaque semaine sur le site de Debout la France une chronique où il commente très librement l'actualité politique.

 

C’était joué. Plié. Verrouillé. En grand professionnel de la politique, Nicolas Sarkozy avait rédigé, séquence par séquence, le scénario de son grand retour gagnant. Quel rival pouvait redouter l’homme qui avait fait main basse sur la présidence, l’appareil, le fichier et les investitures du grand parti dont il était le fondateur et où il se targuait d’être resté le mâle dominant ? Que pouvait-il craindre de concurrents qui avaient tous été ses « collaborateurs » et dont certains lui devaient leur plus ou moins résistible ascension ? Sur cette base, et fort du soutien d’un noyau dur de militants dont les acclamations lui montaient à la tête, l’ancien chef de l’Etat avait pris son parti d’une  primaire ouverte à tous les électeurs et à tous les vents. On sait ce qu’il en est advenu.

La participation massive constatée dimanche dernier a déjoué tous les calculs, tous les pronostics, et fait éclater un certain nombre de baudruches gonflées de leur importance. Quatre millions de votants – à l’image de ce qui s’est passé en juin de l’autre côté de la Manche et au début de ce mois outre-Atlantique – ont bousculé les sondeurs, les médias et  les favoris déjà vainqueurs dans leur tête. C’est le côté positif - le seul - d’un scrutin qui remet en selle les vieux partis, d’une consultation dont le principe même est peu compatible avec l’esprit de la Ve République.

Car, d’autre part, ce premier tour a introduit la fraude, la triche et l’incivisme au cœur même d’un événement salué par des commentateurs hâtifs comme une avancée démocratique. Près d’un million de votants, soit le quart des exprimés, venus les uns de la gauche les autres du Front national, se sont infiltrés dans la primaire pour en fausser les résultats au prix d’un léger parjure de derrière les fagots et en fonction de  calculs politiciens dignes d’un congrès radical d’avant-guerre  ou d’élections internes de feue l’UMP. Ces petites manœuvres comme ceux qui les ont inspirées et encouragées frappent de suspicion et nimbent d’illégitimité le grand exemple que l’on prétendait donner aux quarante millions de citoyens qui se sont abstenus de prendre part à cette comédie à l’issue de laquelle, nous dit-on, devrait être désigné dès ce soir le  président de la République dont l’ensemble du corps électoral sera invité à entériner le choix au printemps prochain. Simple formalité, nous disent déjà les habituels diseurs professionnels de mauvaise aventure.

Quoi qu’il en soit, en permettant à celui qui, presque jusqu'au bout, aura passé pour un outsider, voire pour un tocard, de doubler Nicolas Sarkozy et dans la foulée de reléguer Alain Juppé à quinze longueurs le soir du premier tour, les 44% d’électeurs qui se sont prononcés pour l’ancien Premier ministre ont souhaité faire le choix de la personne la plus digne, en tout cas la moins indigne, de la haute fonction à laquelle elle aspirait. Jamais condamné, jamais mis en examen, jamais compromis dans aucune affaire de droit commun, François Fillon ne traîne derrière lui aucun bruit de casseroles et peut produire à la demande un casier judiciaire vierge. C’est une originalité parmi les dirigeants historiques des « Républicains ».

Ce que l’on pourrait appeler son casier politique est en revanche  bien rempli. Elu de la Sarthe dès 1981, député sans  relief particulier mais régulièrement réélu, toujours discret mais  ministre, à six reprises, « collaborateur », enfin,  du flamboyant Nicolas Sarkozy, en tant que chef du gouvernement, mais tenu  en laisse, il y a maintenant trente-cinq ans que François Fillon est entré dans la course aux honneurs et que, sans avoir commis de grandes fautes, ni avoir  brillé d’un grand éclat, ni s’être fait beaucoup d’ennemis il s’y est progressivement faufilé jusque sur le devant de la scène.

D’abord gaulliste social et mettant avec application ses pas dans les pas de Philippe Séguin, jusqu’à voter contre le traité de Maastricht, François Fillon n’a pas tardé à comprendre qu’il n’y avait d’avenir pour lui au sein de la droite de gouvernement que s’il rentrait dans le rang et renonçait aux convictions qui sont sans doute restées profondément les siennes. Comme tant d’autres, il a plié devant l’orthodoxie européiste et atlantique. D’où une sorte de sciatique morale comparable à la sciatique physique qui l’avait frappé à force de subir les avanies et les humiliations que lui avait prodiguées le président de la République. Certains accents qui lui sont échappés lors de la campagne des primaires, et qui ont pu séduire ici et là donnent à penser que M. Fillon est un patriote contrarié, comme il existe des gauchers contrariés.

On avait apparemment sous-estimé  son endurance, sa ténacité et sa capacité d’encaissement. Ce n’est pas en revanche faire injure à l’ancien Premier ministre de rappeler que, tout au long de sa carrière,  le courage n’a jamais été la première qualité qu’on lui prêtait. Or, à la surprise générale, l’actuel favori des sondages et des électeurs de la droite (et du Centre ?) a présenté un programme plus libéral,  plus conservateur, et surtout plus brutal que ceux de ses concurrents, qui déjà allaient loin dans le même sens.

Conforme à des idées qui, lancées dans les années 80, ont fini par s’imposer, avec trente ans de décalage, à des dirigeants qui datent de la même période, le programme de la droite (et du Centre ?) est conçu pour plaire aux multinationales, aux classes les plus aisées, à tous ceux qui, au nom de la modernité, s’accommodent et profitent de la mondialisation. C’est en revanche une déclaration de guerre aux syndicats, aux salariés, aux chômeurs, aux précaires, aux pauvres, à toutes les victimes d’un libéralisme sans frein, sans frontières et sans contrôle. Sous prétexte de s’en prendre aux « avantages acquis », on attend des Français qu’ils travaillent plus dur et plus longtemps, on prétend plafonner ou diminuer les allocations de chômage dans un contexte de crise de l’emploi, dérembourser les frais de santé, compenser la baisse des impôts directs par la hausse de la TVA, revenir au type de dialogue social en usage sous le Second Empire, déléguer ou démanteler les services publics et remettre en question le statut des fonctionnaires…et tout cela dans les cent premiers jours du quinquennat, et par ordonnances.

Faut-il vraiment faire payer aux Français, ou à la moitié des Français, les fautes qu’ont commises depuis trente ans leurs dirigeants ? Faut-il prendre le parti du libéralisme et de l’austérité quand deux grands pays du monde occidental, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne amorcent le grand tournant d’une relance keynésienne ? De deux choses l’une : soit M Fillon (ou M. Juppé) tentent d’appliquer le programme qu’ils proposent, et c’est la guerre sociale. Soit ils renonceront à des engagements insensés qui ne dureront même pas le temps que durent les roses, et ne laisseront le souvenir que de mensonges démagogiques et d’illusions perdues. Comme d’habitude. Avec les conséquences prévisibles, au plus tard en 2022…

Serions-nous donc condamnés à choisir entre les incompétents de gauche et les incapables de droite, avec pour seule alternative le triomphe d’extrêmes irresponsables ? Le  pire n’est jamais sûr. A ceux qui céderaient au  désespoir, rappelons une fois encore qu’ils disposent d’une arme absolue, le bulletin de vote. Les élections sont le piège mortel où se prennent et succombent les partis les mieux installés et les favoris les plus arrogants. Un chiffre à méditer : c’est dans les huit jours qui ont précédé le premier tour de la primaire de la droite (et du Centre ?) que la moitié des électeurs qui ont opté pour François Fillon ont fait leur choix.

Dominique Jamet

Vice-Président de Debout la France

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Rédigé par Ghislaine Bourland

Publié dans #Primaires, #Présidentielle 2017, #Nicolas Sarkozy, #Alain Juppé, #François Fillon

Publié le 21 Novembre 2016

Réaction à chaud : Les LR  viennent de se faire spolier leur primaire.

Dès dix heures, dimanche 20 novembre, l’affluence observée partout en France pour ce premier tour indiquait un grand intérêt pour la consultation citoyenne dite de la droite et du centre. On signalait de longues files d’attente dans de nombreux bureaux. Ils s’en félicitaient. Ils s’en réjouissaient.Thierry Solère, tout sourire, tablait à la mi-journée sur 3 millions de participants, peut-être même 4 millions.

Pourtant, très vite, ils auraient dû comprendre que quelque chose clochait, que le scrutin dérapait. Cet engouement excessif ne pouvait s’expliquer qu’avec une participation importante de gens de « gauche ». Au fil des heures, le risque que les LR se retrouvent avec un résultat ne correspondant pas aux aspirations de leur base militante s’amplifiait. 15 % de gens de gauche seraient venus jouer les perturbateurs. Une tendance difficile à estimer précisément, mais suffisante cependant pour éliminer Nicolas Sarkozy, leur leader naturel, et qualifier Alain Juppé pour le second tour.

Pourquoi avoir organisé des primaires « ouvertes » avec le risque patent d’affaiblir le parti ? En 2011, les socialistes n’avaient pas eu d’autres recours pour dynamiser un PS en perte de vitesse, et en l’absence d’un chef incontesté à quelques mois du scrutin majeur. Mais, les LR ? Hormis le fait de passer pour un mouvement ringard en continuant à désigner leur candidat dans le cadre d’une primaire « fermée », il n’avait pas lieu pour lui de déposséder d’une prérogative majeure ses militants et de les assigner à des tâches subalternes, d’organisateurs de vote et de porte-paroles de leurs favoris. Les primaires renforcent le règne des oligarques et relèguent les partis qui y adhèrent à de simples outils de propagande au service d’une élite. Le peuple lui s’en empare pour régler ses comptes du moment.

François Fillon, partisan du processus, peut savourer sa belle victoire du jour. Elle laisse des Sarkozystes abattus, mais qui rapidement reconnaîtront en lui le successeur de leur idole déchue. Une nouvelle page des LR est en train de s’écrire.

En politique, l’inimaginable et l’improbable peuvent du jour au lendemain devenir de l’ordre de l’envisageable et du possible.

 

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Rédigé par Ghislaine Bourland

Publié dans #Primaires, #Les Républicains, #Présidentielle 2017

Publié le 11 Novembre 2016

Bouder les urnes renforce l’ancrage des baronnies, qui possèdent leurs inconditionnels et réussissent toujours à endormir de nouveaux électeurs.

(Extrait de Démocratie en péril, le regard d'une citoyenne engagée).

Les baronnies font la pluie et le beau temps sur leur empire. Entre édiles locaux, ils se distribuent les rôles selon des règles bien définies où l’intérêt personnel prime sur l’intérêt collectif, et où le gain électoral n’est jamais très loin. L’intérêt supérieur de la nation est pour eux un concept étranger. Lorsque l’un décide de quitter la scène publique, un autre, son dauphin, celui qui n’a jamais gêné leur quête du toujours plus de pouvoir, peu importe sa compétence, prend le relais. Si vous refusez de marcher dans leurs pas, vous êtes tout simplement exclus du casting.

Aux yeux des notables qui les composent, les militants sont « une bande de "godillots" qui gobe tout et fait tout ce qu’on lui dit de faire», comme me le dira l'un de leurs membres avant de se reprendre, conscient de sa bourde. Les électeurs, « des moutons » asservis à des chimères.

Leur approche cynique confère une incroyable modernité aux écrits d’Octave Mirbeau, journaliste et écrivain de la fin du 19ème siècle, qui voyait dans le suffrage universel direct un abrutissement des peuples et la paupérisation des masses prolétaires. Selon lui, « au lieu d’assumer sa liberté, l’électeur, cet "inexprimable imbécile", ne fait en réalité que se choisir un maître, qui l’éblouit de promesses impossibles à tenir et qui n’a pas le moindre souci des intérêts des larges masses : il participe, ce faisant, à son propre asservissement». Au crépuscule de sa vie, ce lettré anarchiste, pourfendeur d’une mainmise bourgeoise, prône l’insurrection civique, ce qui n’est absolument pas le chemin à retenir. En effet, bouder les urnes renforce l’ancrage des baronnies, qui possèdent leurs inconditionnels et réussissent toujours à endormir de nouveaux électeurs.

Ces femmes et ces hommes immoraux ne sont pas forcément là où nous les attendons le plus. Ils ne sont pas forcément dans les villes. Ils sévissent dans les villages et communes rurales, là où nous nous en méfions le moins. Nous devons les débusquer, les déloger.

La plupart n'adhèrent à aucun parti... (Extrait de Démocratie en péril, le regard d'une citoyenne engagée).

Les baronnies locales.

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Rédigé par Ghislaine Bourland

Publié le 9 Novembre 2016

Des cabines à livres.

Écrire un livre est un acte de partage, une contribution au socle commun de la culture.

Manuscrit, il devient livre. Un ouvrage littéraire découle d’une intimité plus ou moins longue, plus ou moins difficile, entre une page blanche et un auteur, une auteure. Il résulte d’un travail d’introspection où la réalité et/ou l’imaginaire nourrissent les mots. Parfois des semaines entières passent sans qu’aucune ligne ne s’ajoute aux autres. À d’autres moments, les phrases jaillissent et les doigts agiles de celui qui écrit peinent à suivre le flux de sa pensée. Une réflexion succède à une autre. Le contenu prend consistance.

Arrivé à maturité, tout devient prétexte pour retarder le temps de la séparation. La crainte d’avoir oublié quelque chose, d’avoir laissé une coquille malgré les interminables relectures, d’une tournure maladroite, vous tenaille. Vous souhaitez que le lecteur prenne plaisir à vous lire, que votre message soit compris. Vous voulez votre ouvrage parfait, beau, d’une lecture facile et agréable. La tentation de reconstruire des passages vous assaille, mais vous résistez à l’idée considérant les dangers que cela comporte. Lorsque vous vous décidez enfin à le lâcher, une partie de vous s’en va avec lui. Vous vous sentez soudainement terriblement seul.

Écrire un livre est un acte de partage, une contribution au socle commun de la culture. Chez un libraire, découvrir son ouvrage installé aux côtés d’œuvres d’écrivains reconnus procure une grande fierté intérieure, mais n’empêche pas de douter de la pertinence de son bouquin. Va-t-il plaire, telle est l’éternelle question qui taraude l’auteur novice ? Trouvera-t-il son lectorat ?

« Démocratie en péril, le Regard d’une citoyenne engagée » paru aux éditions 7Ecrit en mars 2015, classé dans la catégorie essai, s’est vendu en un an à plus de 600 exemplaires ; ce dont je suis heureuse. Cet après-midi, j’en ai déposé un dans une « cabine à livres ». Ainsi, il se promènera de mains à mains au gré des envies des passants, jusqu'à ce que quelqu'un le conserve et en laisse un autre en lieu et place. Le principe de faire circuler des livres vient des pays anglo-saxons. En 2015,  la mairie de Rueil-Malmaison a décidé d’adapter l’idée « en recyclant une dizaine de cabines téléphoniques qui avaient pour vocation à disparaître ». Dimanche dernier, la ville inaugurait sa troisième cabine. Le hasard qui fait bien les choses a voulu que je rencontre Carole Thierry, initiatrice du projet, à qui j’avais promis d’apporter un de mes livres. Parole tenue, rue Bons Raisins.

Je salue cette idée novatrice par son concept et incite des auteurs à libérer un livre dans un lieu public de leur choix, à défaut d’une « cabine à livres ».

Une idée novatrice, un beau projet.

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Rédigé par Ghislaine Bourland

Publié dans #Démocratie en péril, #Cabine à livres, #Livres en liberté, #Rueil-Malmaison

Publié le 4 Novembre 2016

« Du boulot dans le coin, faut pas dire qu’il n’y en a pas ! Il y en a pour celui qui ne rechigne pas à la tâche, seulement pour beaucoup travailler dehors, c’est dur. »

@JDN  25/10/2016 — Les moins de 25 ans connaissent le plus fort recul du taux de chômage (-0,4 point sur trois mois). Dans les autres catégories d’âge, sur trois mois, les Français âgés de 25 à 49 ans connaissent eux aussi une embellie avec une baisse de 0,2 % de leur taux de chômage. Les moins de 25 ans restent toutefois les premières victimes du chômage, et de loin, avec un taux à 23,7 % au second trimestre 2016 (24,3 % Dom inclus).

J’ai rencontré Karine sur son lieu de travail. Pourquoi ai-je poussé la porte de sa boutique plus que celle d’une autre, je ne saurais le dire ? Où je m’attendais trouver un homme d’un âge mur, j’ai découvert une jeune-fille épanouie, heureuse de bosser dans un univers masculin. Elle passe ses journées à parler cépage, millésime, technique de vinification, avec la gourmandise des connaisseurs. La maison qui l’emploie comporte des vins issus de toutes les régions de France.

L’enthousiasme, la personnalité et la maturité de Karine m’ont ravie. Tout en m’entraînant d’une voix chantante vers les joyaux du Lot, elle m’a parlé du retour en force de la cueillette à la main. Alors que la machine à vendanger ne cesse de se perfectionner, le nombre des viticulteurs qui interdisent désormais l’entrée de la modernité dans leurs rangs de vigne progresse, ce qui l’enchante. Pour Karine, la recherche d’un produit de qualité guide ce choix raisonné : la cueillette manuelle permet de trier les fruits, de ramasser uniquement les grappes saines. « Les vendanges favorisent aussi le lien social dans une société du chacun pour soi. Elles permettent l’échange entre les générations, la transmission de l’histoire locale, d’un savoir », me dira-t-elle. 

Alors que je l’interrogeais sur le bassin d’emploi local, elle lâchera : « Du boulot dans le coin, faut pas dire qu’il n’y en a pas ! Il y en a pour celui qui ne rechigne pas à la tâche, seulement pour beaucoup travailler dehors, c’est dur. La terre est basse, sale. Tenez pour la taille, ça ne se bouscule pas trop au portillon et après ils se plaignent du chômage et de l’arrivée d’étrangers ». Elle conçoit qu’il est normal d’aspirer à des tâches plus nobles. Diplômée d’une école de commerce, elle-même pourrait prétendre à mieux que l’emploi qu’elle occupe actuellement, à un salaire plus élevé, mais « il faut bien débuter par quelque chose, se constituer un C-V ! ». À ses copains qui moquent son manque d’ambition, elle rétorque : « gagner sa croûte et ne pas vivre aux crochets de ses parents ». 

Je suis repartie avec un Coteaux de Glanes, 2014, et la certitude d’avoir rencontré une jeune française pleine d’avenir. 

Merci Karine pour cette discussion.

Gh. Bourland.

 

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Rédigé par Ghislaine Bourland

Publié dans #Vin, #Vendange, #Emploi, #Chômage des jeunes

Publié le 3 Novembre 2016

Alors qu’elles devraient être respectées, remerciées, leurs actions héroïques mises à l’honneur, nos forces de l’ordre —policiers, gendarmes, militaires — sont malmenées, insultées, maltraitées, caillassées….  Alors que ceux qui s’en prennent à elles devraient être conspués, mis au ban de la société, lourdement condamnés, leur geste est minimisé quand il n’est pas totalement pardonné.

@Europe1.fr

@Europe1.fr

Pauvre France qui a cru qu’un « Président normal » pouvait gouverner sa destinée et voit des policiers fatigués, exaspérés, manifester leur désarroi dans la rue, symbole d’un État délabré.

Sous ce quinquennat dont les derniers mois s’éternisent, la police a été mise à contribution plus que nécessaire, soumise à rudes épreuves, subi de profondes blessures et perdu des collègues. La vasque déborde. La douleur est vive. Le mal est profond.

« Les syndicats ont négocié en notre nom, mais sans nous. On veut être reçu par le gouvernement. On continuera jusqu’à ce que nous soyons entendus, nous petits policiers de la rue ». Comme à son habitude, le gouvernement  panse les blessures à coup de millions d’euros virtuels. Une nouvelle fois, des organisations syndicales censées représenter et défendre « les intérêts des petits copains » sont dépassées par les événements. Qu’elles ne décryptent pas les signaux de détresse est inconcevable, qu’elles acceptent les promesses gouvernementales, qui n’ont de valeur que pour ceux qui y croient, est inadmissible pour ceux qui encaissent sur le terrain ! La situation leur échappe. Leur rôle s’inhibe.

Qui pouvait penser qu’un « Président normal » incarnerait l’autorité ? « Un régime démocratique plus qu’aucun autre exige l’exercice de l’autorité ». Saint-John Perse. Tout tient et s’explique en cette phrase. En votant contre quelqu’un et non pour le projet d’un homme, des Français ont ouvert le chemin de la débandade. L’incapacité de François Hollande à endosser le costume de Chef d’État et à trancher, ses multiples rétropédalages, le retour en force de l’impunité des délits et de l’excuse permanente ont conduit le pays aux portes du chaos.

Sa faute est grande, la nôtre n’est pas moindre. Alors qu’elles devraient être respectées, remerciées, leurs actions héroïques mises à l’honneur, nos forces de l’ordre —policiers, gendarmes, militaires — sont malmenées, insultées, maltraitées, caillassées….  Alors que ceux qui s’en prennent à elles devraient être conspués, mis au ban de la société, lourdement condamnés, leur geste est minimisé quand il n’est pas totalement pardonné.

« Touche pas à ma police », elle est là pour nous protéger, elle est un rempart contre l’anarchie. Prenons soin d’elle, soutenons-là !

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Rédigé par Ghislaine Bourland

Publié dans #Police, #Forces de l'ordre, #Manifestation